Retour d’expérience

Nicolas Willems // 12 février 2010

Huis clos sur le Net a suscité le débat. Cette opération a ouvert la porte à de nombreuses questions et réflexions. C’est à mes yeux l’une des réussites de ce projet. Plusieurs enseignements me viennent à l’esprit face à cette expérience professionnelle et humaine.

Bien entendu, il s’agit d’une expérience. Pendant près d’une semaine, nous avons travaillé uniquement sur base des réseaux sociaux. Ce qui représente des conditions artificielles d’utilisation. Facebook et Twitter sont initialement des vecteurs de communication de plus en plus utilisés comme canaux d’information.

L’initiative a mis en avant les nombreux avantages des réseaux sociaux. La fonction d’alerte constitue l’un des principaux apports. La possibilité de dénicher des contacts est l’autre force de ces outils. Il est également possible d’interroger les contributeurs pour obtenir des précisions et des éclairages sur les informations qui circulent. Facebook et Twitter sont de précieuses sources dans les situations où les citoyens n’ont plus accès aux autres médias comme en Iran ou en Haïti.

En revanche, il existe un certain nombre de limites. Facebook est trop souvent employé dans sa dimension ludique. Sur Twitter, la taille des messages restreint la vision du monde en 140 caractères. Il est donc très difficile de dépasser la simple annonce, la « breaking news » ou la déclaration laconique. La hiérarchie de l’information est également différente des médias dits « traditionnels » avec un mode plus horizontal que vertical.

La question est aussi de savoir ce qui fait la Une dans les réseaux sociaux. La quantité d’informations et la multitude de contributeurs ne sont pas toujours représentatives de la pertinence de telle ou telle actualité. Ce n’est pas parce qu’une information est souvent relayée ou « retwittée » qu’elle fait les grands titres de la presse. Dans les réseaux sociaux, il existe une surreprésentation des « soft news » sur les actualités politiques, économiques et internationales. Ces canaux offrent néanmoins une source appréciable pour les informations liées aux nouvelles technologies.

La notion de temps est l’un des éléments marquants des réseaux sociaux. Il existe une contradiction entre la rapidité du dispositif et le côté chronophage de son utilisation. Cela demande beaucoup de temps pour recueillir, trier, vérifier et croiser les informations. En parallèle, constituer un réseau de contacts fiables et variés engendre aussi un long processus.

Au regard des points forts et des faiblesses, il me semble que les journalistes devraient continuer à explorer les réseaux sociaux pour mieux les maîtriser. Leur utilisation souligne une nouvelle fois l’importance des règles fondamentales de notre métier. En parallèle, c’est aussi aux internautes de jouer le jeu en apportant une contribution citoyenne.

Lors de l’opération Huis clos sur le Net, j’ai été frappé par les tensions qui existent entre les « médias traditionnels » et les « nouveaux médias ». Les méfiances mutuelles sont encore présentes des deux côtés. Il paraît important de dépasser cette « guerre » d’un autre temps.

De nombreux médias anglophones ont intégré les réseaux sociaux, dont la BBC, CNN ou The Guardian. C’est au tour des médias francophones de prendre le train en marche. L’expérience mise en place par les Radio francophones publiques est le point de départ d’une nouvelle aventure.

Nicolas Willems
https://twitter.com/nicolaswill

Réflexion…

Benjamin Muller // 8 février 2010

Pas de réflexion générale sur la presse ou sur le journalisme, ce qui serait évidemment prétentieux. Mais je peux au moins donner quelques pistes de réflexion sur les réseaux sociaux, et sur l’absence de médias “classiques”.

La première est la rapidité de relais qu’offre Twitter.
Twitter est en fait assez simple. Imaginez que vous assistez à un accident de voiture. Vous le racontez à cinq de vos amis. Chacun le raconte à cinq de ses amis qui eux-même le racontent à cinq de leurs amis etc. Voici exposé le principe même de twitter. En quelques secondes, vous avez la possibilité de faire passer une info d’un bout à l’autre du monde. On savait que twitter avait cette qualité, on ne mesurait pas l’ampleur du phénomène.
La seule limite est que si vous avez rêvé, et que cet accident n’a pas eu lieu, ou si vous mentez en affirmant qu’il y a eu cet accident : beaucoup de personnes vont être désinformées.

Le deuxième enseignement est que les médias traditionnels nous manquent pour comprendre et pour décrypter l’actualité qui nous parvient. Certes, on comprend qu’il y a eu un accident de voiture. Mais on ne sait pas si le conducteur avait le permis, on ne sait rien des conditions météo (verglas, neige, chaussée mouillée) ou de l’état de la voiture avant l’accident.
La presse traditionnelle, la plupart du temps, nous apporte ces infos. On a pu s’en rendre compte sur l’affaire Georges Frêche. Lorsqu’un mini-message nous apprend qu’il a eu des propos antisémites vis à vis de Laurent Fabius, si vous n’en savez pas plus, vous vous dites juste qu’il s’agit d’une personne scandaleuse sans intérêt. Si vous lisez un article du Monde sur le sujet, vous comprenez quel est le contexte. Vous apprenez que Frêche est un provocateur, et qu’il cherche souvent la petite phrase qui va faire parler de lui.

Le troisième enseignement est la hiérarchie qui ressort de Twitter. Hiérarchie évidemment différente de celle des médias classiques. Les petites polémiques franco-françaises (“Quoi ? Michelle Alliot-Marie et Brice Hortefeux se détestent ?”) sont à la “une” de Twitter, quand sur France Info ou TF1 l’on parlera bien plus de la grève de la SNCF.
L’information internationale est très peu relayée sur ces réseaux. Est-ce à dire que les internautes se moquent de ce qui se passe en dehors de nos frontières ? Est-ce à dire également que pour faire de l’audience, les radios doivent parler uniquement des petites affaires franco-françaises ? Voilà au moins deux questions posées par cette expérience.

Pour ce qui est d’un enseignement clair et général, je dirais, après cinq jours “d’enfermement”, que Twitter/Facebook et les médias classiques ne sont pas à opposer. Ces deux réseaux sont complémentaires. En clair, l’un informe, l’autre relaie.

Je ne sais pas encore sur quoi , mais je suis sur que cette expérience va déboucher sur quelque chose. Quelque chose de concret, se basant sur ces reflexions. J’ai hâte…

Benjamin Muller

La loi de Darwin

Nour-Eddine Zidane // 7 février 2010

Après une journée de “décompression”, à mon tour de faire un bilan à tête reposée sur cette expérience.

Au delà des constats, des sensations à “chaud” livrées vendredi sur nos antennes respectives, ces cinq jours doivent également nous permettre d’alimenter notre réflexion sur l’évolution du métier de journaliste. Nous l’avons suffisamment répété (tout comme les “spécialistes” de la question) : les informations recueillies dépendaient de nos réseaux. Dans le mien (210 abonnements plutôt généralistes), j’ai tenu à intégrer journalistes et non-professionnels (mais “twittos” aguerris) pour ne pas tomber dans la “consanguinité”. La plupart figuraient parmi les “comptes à suivre” (pour leur pertinence, la qualité de leurs infos…) selon de nombreux blogueurs.

Sur la “twittosphère” francophone, il s’avère (comme pour mes quatre confrères) que la politique (mais pas trop l’actu concernant Nicolas Sarkozy) est surreprésentée par rapport à l’actualité internationale (surtout lorsqu’elle n’est pas incontournable… par exemple le séïsme à Haïti) ou l’économie (le départ de Didier Lombard de France Télécom a été très peu évoqué… beaucoup moins que par des contributeurs anglophones). Autre élément notable : la rubrique faits divers/justice est absente alors qu’elle est presqu’un produit d’appel sur les médias traditionnels les plus populaires : RTL, Le Parisien, TF1.

Sur la hiérarchie de l’information dans les médias traditionnels, on justifie souvent la mise en avant d’une info par cette phrase définitive : “ça intéresse nos lecteurs/auditeurs/téléspectateurs“.
Cette expérience peut-elle démontrer que ces justifications sont une fiction émanant de cerveaux de rédacteurs en chef parisiens ? Ou la faiblesse, en nombre, de la “twittosphère” francophone (sensible aux nouvelles technologies) biaise le constat ? Une “twittosphère” où, d’ailleurs, la plupart des messages sont issus d’une petite minorité de contributeurs… ce qui peut laisser entendre qu’une hiérarchie de l’info est aussi imposée par certains comptes de référence (à lire, cet intéressant article en anglais).

Par ailleurs, l’exemple de l’explosion à Lille (entendu le 2 février) est édifiant : plus de 5000 tweets ont circulé en moins de deux heures pour tenter d’expliquer ce phénomène. Il s’agissait, en fait, d’un avion franchissant le mur du son et non pas d’une fuite de gaz dans un immeuble (l’une des hypothèses les plus souvent évoquées). Cela confirme une chose : Twitter est aussi un outil d’alerte que les journalistes doivent intégrer dans leurs méthodes de travail, en plus des dépêches d’agence, de la presse traditionnelle mais aussi des blogs. L’information qui circule (très vite) sur ces réseaux sociaux doit être écoutée comme la parole du citoyen “lambda” rencontré sur le terrain. Le lien direct internautes/journalistes doit nous permettre d’être plus réactifs sur “l’information de proximité” où les médias nationaux sont moins efficaces (on ne peut pas être partout).

Nous devons apprendre à humer un peu plus l’air du temps, à nous détacher de l’agenda classique imposé par les ministères, les “communicants”… Et la fonction du journaliste dans tout cela ? Elle reste essentielle en ne colportant pas des rumeurs infondées – surtout si elles sont “croustillantes” (la chasse au scoop) mais en les vérifiant, en les analysant, en les mettant en perspective… Avec ces réseaux sociaux, le métier n’est pas menacé (comme certains veulent le laisser entendre), il évolue tout simplement…

Nour-Eddine Zidane
http://twitter.com/zizou78700

Occuper le terrain

Janic Tremblay // 7 février 2010
Au cours de ce Huis clos sur le Net, je n’ai jamais vraiment eu l’impression d’être coupé du reste du monde. Mais j’ai totalement perdu de vue certains médias.
Aucun article du quotidien Le Devoir ne m’a été relayé ou retweeté si vous préférez. Le Devoir est pourtant un excellent journal qui produit quantité d’articles intéressants.
Bien sûr, une partie des articles du Devoir sont inaccessibles, car il faut payer pour y avoir accès. Il est donc impossible de les consulter. Mais pas tous. Souvent, les nouvelles exclusives sont disponibles en ligne.
J’ai eu très peu de nouvelles de Radio-Canada également. Malgré ses 30-mille abonnés sur Twitter, je n’ai pratiquement pas entendu parler de la chaîne publique.
En revanche, je ne compte plus les articles et chroniques des journalistes de La Presse qui sont apparus sur mon écran radar parce qu’ils m’ont été alimentés ou retweetés.
Il faut ici ouvrir une parenthèse pour bien comprendre ce qu’est le retweet et son impact. Il s’agit d’une réalimentation d’une première alerte à tout un réseau. Tous les membres du réseau peuvent évidemment eux aussi faire de même avec leur propre réseau. De réseau en réseau, la première alerte est démultipliée, un peu comme une réaction nucléaire.
C’est ce qui semble arriver avec les tweets des journalistes de La Presse. Les nouvelles qui sont relayées profitent ainsi d’un taux de pénétration exceptionnel.
Mais pourquoi un tel succès pour La Presse et pas pour les autres ? Il faut ici éviter les raccourcis trop faciles. L’explication est sans doute multifactorielle. Mais un facteur pourrait fort bien être en cause.
De nombreux journalistes de La Presse sont personnellement très présents et très actifs sur le réseau Twitter.
Peu de journalistes du Devoir et de Radio-Canada twittent. Une hypothèse, qui devrait sans doute être soumise à une analyse plus approfondie, voudrait que les membres de la communauté Twitter soient plus enclins à retwitter une information qui vient directement d’un journaliste membre de leur réseau que celle qui émane de leur employeur. Comme si cette relation plus personnalisée débouchait sur un plus grand engagement.
Qu’en pensez-vous ? Réagissez-vous différemment si c’est un journaliste qui vous communique personnellement une nouvelle plutôt que l’organe de presse qui l’emploie ? Est-ce que l’interaction est très importante pour vous ? Les reporters et chroniqueurs devraient-ils twitter ou s’abstenir ? Comment un journaliste qui twitte peut-il maintenir votre intérêt sans jamais exprimer d’opinions afin de préserver son intégrité journalistique ?
Vos avis m’intéressent vivement.

Premier bilan dans Intermedias sur RTBF.be

Nicolas Willems // 5 février 2010

Pendant une semaine, les cinq journalistes des RFP ont vécu retirés du monde dans leur retraite périgordine.
Ni radio, ni télé, ni journaux, mais seulement un accès aux réseaux sociaux Twitter et Facebook. Une expérience inédite.

Nicolas Willems dresse un premier bilan dans l’émission Intermédias.

http://www.rtbf.be/info/societe/medias/huis-clos-sur-le-net-le-debriefing-184613
http://www.intermedias.be/profiles/blogs/huis-clos-sur-le-net-le

Premier bilan dans le Grand 8 sur RSR-La 1ère

Anne-Paule Martin // 5 février 2010

Nicolas Willems, le participant de la RTBF à “Huis Clos sur le Net” et Anne-Paule Martin, la journaliste de la Radio Suisse Romande tirent un tout premier bilan de la semaine.

Avec Uli Windisch, professeur en sociologie, communication et médias à l’Université de Genève, Alphonse Garcia, responsable de l’agence Gautier Collette Rive Gauche à Genève
au micro de Joël Marchetti.

>> Grand 8 (RSR) du 5 février 2010 ( la discussion sur Huis Clos sur le Net commence à 0:10:45 environ)

Premier bilan de l’expérience sur France Info

Anne-Paule Martin, Benjamin Muller, Janic Tremblay // 5 février 2010

Sur France Info, dans l’émission de Nicolas Poincaré, Benjamin Muller, Anne-Paule Martin et Janic Tremblay tirent le bilan de leur expérience avec David Abiker (@DavidAbiker) et Jacques Rosselin (@rosselin), fondateur de Courrier International et de Vendredi.

>> L’émission du 5 février 2010 (14′)

La chronique de Nour-Eddine Zidane

Nour-Eddine Zidane // 5 février 2010

Bref bilan de l’expérience dans l’émission de Pascale Clark “Comme on nous parle”.

>> La chronique du 5 février 2010

PS : Problèmes pour écouter le son ? La réponse c’est RealPlayer.

“Le Téléphone Sonne” pour les réseaux sociaux

Nour-Eddine Zidane // 5 février 2010

Alain Bédouet a posé la question à Anne-Paule Martin et Nour-Eddine Zidane ; Natacha Quester-Séméon, journaliste spécialiste des nouveaux médias ; Stéphane Hugon, un sociologue, chercheur à la Sorbonne ;  Dominique Wolton, qui dirige l’Institut des Sciences de la Communication et Françoise Dost, Secrétaire Générale des Radios Francophones Publiques.

>> Écouter Le Téléphone Sonne

A la recherche de Carel Pedre

Nicolas Willems // 4 février 2010

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Carel Pedre est journaliste haïtien. C’est lui qui a informé le monde du tremblement de terre qui a frappé le pays le 12 janvier dernier. Après le séisme, toutes les lignes téléphoniques étaient coupées. Seul le réseau internet fonctionnait de façon sporadique. C’est par l’unique canal Twitter qu’il a pu s’exprimer.

Face à la catastrophe en Haïti, les réseaux sociaux ont permis d’informer le monde, de rassurer les proches et de lever des fonds. Actuellement, Carel Pedre travaille sur une nouvelle initiative, « The New Haïti Project », qui utilise la toile comme plateforme.

C’est aussi grâce aux réseaux sociaux que j’ai pu retrouver le contact de Carel Pedre. Un appel a été lancé sur Twitter. Très rapidement, une chaîne s’est mise en route. Quelques heures après, le journaliste haïtien m’envoyait un message pour me donner son numéro de téléphone. C’est aussi ça l’avantage des réseaux.

http://twitter.com/carelpedre
http://twitter.com/nicolaswill

La chronique de Nour-Eddine Zidane

Nour-Eddine Zidane // 4 février 2010

La chronique de Nour-Eddine Zidane dans l’Emission « Et pourtant elle tourne ».
Une démission sur Twitter, une parente de Barak Obama et le Superball.

>> La chronique du 3 février 2010

PS : Problèmes pour écouter le son ? La réponse c’est RealPlayer.

Les Titres du jeudi 4 février

Anne-Paule Martin // 4 février 2010

Résumé des infos que j’ai récolté jeudi après-midi sur mes réseaux Facebook et Twitter :

et pour les utilisateurs de Mac, le lien direct

La chronique de Nour-Eddine Zidane

Nour-Eddine Zidane // 4 février 2010

Le réseau s’est étoffé. L’info recueillie sur les réseaux sociaux semble coller à l’actualité. Mais il est toujours aussi difficile de traiter une matière non vérifiée et non hiérarchisée.

>> La chronique du 4 février 2010 dans l’émission de Pascale Clark “Comme on nous parle”

PS : Problèmes pour écouter le son ? La réponse c’est RealPlayer.

Aimer ou ne pas aimer Yann Moix

Anne-Paule Martin // 4 février 2010

Mes réseaux sociaux ont réagi à la publication sur Internet du texte de Yann Moix. Un texte intitulé “J’aime Polanski et je hais la Suisse”…

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

La journée sans lien

Nicolas Willems // 4 février 2010

C’est un défi que certains d’entre nous avons fixé pour cette avant-dernière journée de l’expérience Huis clos sur le Net. L’idée est de ne pas cliquer sur les liens des messages envoyés sur Twitter et Facebook.

Bien entendu, il s’agit d’une situation totalement artificielle. Aucun internaute n’agit de la sorte. C’est aussi le cas des journalistes utilisant les réseaux sociaux qui profitent de toutes les sources d’informations disponibles.

Cette restriction semble en contradiction avec le principe d’Internet qui se veut par définition ouvert sur le monde. Mais c’est tout l’intérêt de la démarche. En se concentrant uniquement sur les réseaux sociaux, il me sera plus simple de vérifier les avantages et les défauts de ces outils et de mesurer leur contribution dans notre travail journalistique.

En tant que journaliste, cette démarche restreint énormément notre champ d’action. Il faudra certainement beaucoup plus de temps pour vérifier et croiser l’information. Le processus de recueil et de sélections demandera plus de vigilance.

Un certain nombre de facteurs risquent d’entrer en compte. Il y a d’abord le réseau. Sur Facebook et Twitter, la qualité et le nombres d’informations échangées sont fortement dépendantes des contributeurs. Il faut beaucoup de temps pour constituer un bon réseau de contacts fiables.

La spécificité de Twitter est l’autre donnée importante. Il s’agit d’une vision du monde en 140 caractères. La brièveté de ces messages sont à la fois un avantage et un inconvénient. D’un côté, ces micro-textes vont à l’essentiel. De l’autre, les données ne sont que parcellaires.

Enfin, la hiérarchisation des informations n’existe pas dans les réseaux sociaux. C’est un mode horizontal, alors que la presse écrite, radio et télévisée structure ses actualités de manière verticale. La collecte d’information au sein des réseaux sociaux ressemble parfois à une mission impossible tant il existe une multiplicité d’acteurs, de canaux et de messages : Qui envoie quoi, pour quoi dire, quel pertinence ?

L’intérêt de la journée sans lien réside dans ces questionnements. Les réseaux sociaux sont des outils à domestiquer pour les journalistes qui seront de plus en plus amenés à les solliciter aux côtés des autres sources dites « classiques ». Parallèlement, c’est aussi aux contributeurs de jouer le jeu.

Le « Buzz Lille Boum » constitue un beau cas d’école. Dès l’annonce d’une forte explosion à Lille, une quantité énorme de messages a circulé sur Facebook et Twitter. Pendant plus de deux heures, c’était le flou le plus complet. C’est l’intervention de certains internautes qui ont enquêté dans la région lilloise qui a permis de montrer qu’il n’y avait rien de grave. Tout s’est finalement arrêté après la mise en ligne des articles de la presse locale évoquant un avion qui a franchi le mur du son.

L’image de la valse paraît donc une belle analogie pour comparer la relation entre les journalistes et les internautes. C’est un jeu qui se joue à deux.

http://twitter.com/nicolaswill

L’information comme un haiku

Janic Tremblay // 4 février 2010

140 caractères. C’est le format d’un message sur le réseau Twitter. Pas plus. C’est insuffisant pour écrire ces quelques mots que vous venez de lire. Est-ce assez pour s’informer valablement ? C’est la question à laquelle je tenterai bien humblement de répondre ce jeudi. Pour cette dernière journée avant le bilan de vendredi, je ne cliquerai pas sur les hyperliens suggérés par Twitter ou Facebook.

Pourquoi ? Pour avoir une idée de ce que l’on retient de l’actualité en si peu de mots. Pour déterminer si on peut être informés seulement à l’aide d’un réseau social, sans l’aide des médias traditionnels. Pour savoir aussi jusqu’à quel point les utilisateurs contextualisent et bonifient ces hyperliens avant de les mettre en ligne. Et aussi parce que j’ai déjà vu des utilisateurs d’iPhone qui ne cliquent pas, afin de ne pas trop entamer leur forfait de données avec des téléchargements jugés inutiles.

“Tous ensemble, on sait tout”. C’est ce qu’on dit. On verra dans quelques heures.

http://www.twitter.com/janictremblay

La chronique de Nour-Eddine Zidane

Nour-Eddine Zidane // 3 février 2010

La chronique de Nour-Eddine Zidane dans l’émission « Et pourtant elle tourne ».
Les commentaires anonymes interdits, la Chine et le Nobel et le Pape et l’homosexualité.

>> La chronique du 3 février 2010

PS : Problèmes pour écouter le son ? La réponse c’est RealPlayer.

La chronique de Nicolas Willems

Nicolas Willems // 3 février 2010

Sur La Première, Nicolas Willems revient notamment sur l’affaire du « Buzz Lille Boum » qui a agité la twittosphère dans la soirée de mardi.

http://www.rtbf.be/info/societe/internet/huis-clos-sur-le-net-va-t-il-revolutionner-linfo-grace-aux-twitter-de-carla-bruni-1

Twitter vs Facebook

Anne-Paule Martin // 3 février 2010

Quel outil pour quel usage ? J’attends vos commentaires !

Je suis qui je suis

Janic Tremblay // 3 février 2010

C’était en arrivant ici dimanche. Je faisais défiler ma liste de contacts pour voir les statuts des contributeurs sur Twitter. L’un d’eux avait écrit : “Je suis qui je suis.”
(…)
Je ne l’ai pas compris pour autre chose qu’une tautologie insignifiante. 48 heures plus tard j’en saisis un peu mieux le sens. Sur Twitter, la perception et le décodage du monde dépendent beaucoup des membres du réseau. Ceux que vous suivez influencent votre compréhension du monde. C’est comme la télé. On n’est pas informé de la même façon en regardant CNN que FoxNews. C’est l’avantage et l’inconvénient de Twitter. Le choix. Infini.

Bien entendu, certains contributeurs s’imposent d’emblée. Des politiciens. Des journalistes. Des spécialistes des nouvelles technologies. Des groupes comme Greenpeace. Des institutions comme l’ONU. C’est après que ça se complique. Où aller ? Qui d’autre suivre ? Et comment les trouver ? Il y a quantité de contributeurs intéressants pour qui cherche à s’informer de manière différente. Des individus qui sont de véritables décrypteurs de tendances. Des internautes qui veulent informer leurs pairs de ce qui se passe dans leur monde. Mais il y en a tant d’autres qui utilisent surtout Twitter comme un outil pour échanger des opinions ou des liens vers des vidéos rigolotes. C’est tout aussi légitime mais ça n’a rien à voir avec l’intérêt public.

“Huis clos sur le Net” m’a procuré une exposition considérable au cours des dernières semaines. Malgré tout, mon réseau est encore loin de ce que je souhaiterais qu’il soit. J’ai trouvé quelques perles, mais il m’en faut plus. Vous l’avez peut-être lu au cours des derniers jours : L’AFP va encourager ses journalistes à avoir des comptes Facebook et Twitter pour coordonner sa présence dans ces réseaux. Mon conseil : Commencez aussi vite que possible ! Ce sera long. Dans cet océan de bruit, il est parfois bien difficile d’extraire des notes symphoniques.

Pour le citoyen ordinaire, Twitter reste un formidable outil d’alerte. Récemment, le séisme en Haïti en a été un bon exemple. Aucun journaliste ne peut concurrencer un tel réseau. Mais sur une base quotidienne, c’est beaucoup plus facile de s’en remettre aux médias traditionnels pour savoir ce qui se passe dans le monde. Ce n’est pas une affaire de supériorité. Simplement de ressources et de temps. Vous allez me répondre que vous avez compris cela depuis longtemps et que pour vous, Twitter est une source d’information complémentaire et un outil de socialisation.
Cela me rassure beaucoup.

http://www.twitter.com/janictremblay